Dans le contexte des élections législatives et présidentielles tenues le jeudi 15 janvier 2026 en Ouganda, le parti de l’opposant Bobi Wine dénonce une manœuvre délibérée. Il accuse le pouvoir d’avoir entravé le processus électoral afin de favoriser le président sortant Yoweri Museveni, en quête d’un septième mandat. Les grandes tendances rendues publiques le samedi 17 janvier ont déclaré Museveni vainqueur avec 72 % des suffrages exprimés.
Les résultats issus de l’élection présidentielle sont contestés par l’opposition. Avec un taux de participation de 52 %, Yoweri Museveni a été réélu pour un septième mandat. Selon le média The East African, le président sortant a recueilli 72 % des voix contre 25 % pour la Plateforme d’unité nationale (NUP), arrivée en deuxième position. L’opposition dénonce des résultats truqués et un processus électoral marqué par la peur et des arrestations abusives. Plusieurs bureaux de vote sont restés fermés le jour du scrutin, parfois plusieurs heures après l’heure théorique de démarrage fixée à 7 heures. Dans de nombreuses régions, le matériel électoral n’avait pas été livré, empêchant les électeurs d’accomplir leur devoir citoyen.
La NUP, parti de Bobi Wine, accuse le gouvernement d’avoir sciemment provoqué ces retards. « Le seul endroit où le vote a démarré à 7 heures est là où les militaires votent. Ailleurs, il n’y a pas de vote », a déclaré à l’AFP le secrétaire général du NUP, David Lewis Rubongoya. Selon lui, le matériel de vote « n’est pas arrivé dans 99 % des bureaux », une situation qu’il qualifie de « délibérée ». Ces accusations surviennent dans un climat déjà explosif, marqué par une forte présence policière et militaire, des arrestations de militants de l’opposition et une coupure totale d’internet imposée par le gouvernement depuis mardi. Le président sortant, Yoweri Museveni, 81 ans, brigue ainsi un nouveau mandat après près de quarante ans au pouvoir. La crédibilité du processus électoral est fortement mise à mal, alors que la communauté internationale s’inquiète d’un climat de « répression et d’intimidation généralisées », selon l’ONU. Ces nouveaux retards risquent de fragiliser encore davantage la légitimité du scrutin.
Patrice Assiongbon SOWANOU

