Les autorités camerounaises ont annoncé, le mercredi 8 juillet 2026, une vaste opération de fermeture des églises de réveil exerçant illégalement sur le territoire national. Cette décision intervient après le meurtre d’une fillette de 11 ans à Yaoundé, un drame qui a bouleversé le pays et relancé le débat sur les dérives de certains mouvements religieux.
Un drame familial aux circonstances glaçantes vient de relancer le débat sur les dérives de certaines églises de réveil au Cameroun. Selon les informations rapportées par les médias locaux et reprises par plusieurs médias français, le ministre de l’Administration territoriale a indiqué, le mercredi 8 juillet 2026, que près de 1 400 églises de réveil non autorisées seront prochainement fermées. Cette annonce fait suite au drame survenu dans la nuit du 27 au 28 juin à Yaoundé. D’après les conclusions des médecins légistes, la fillette a reçu 17 coups de couteau portés par sa mère. Placée en détention, la suspecte a déclaré aux enquêteurs avoir agi sous l’influence d’un prédicateur de son église. Elle affirme que ce dernier lui aurait fait croire que le sacrifice de son enfant lui permettrait de sortir de ses difficultés financières.
À la suite de cette affaire, le ministre de l’Administration territoriale a convoqué les responsables de l’église « Vie et Paix au Cameroun », dont la mère de la victime était une fidèle. Il a rappelé que le meurtre est interdit aussi bien par les lois de la République que par les principes des textes sacrés, avant d’annoncer le renforcement des contrôles sur les lieux de culte. Dans ce cadre, le gouvernement prévoit la fermeture de 1 400 églises de réveil exerçant sans autorisation à travers le pays. Les autorités entendent ainsi faire respecter la réglementation encadrant les organisations religieuses et prévenir les dérives susceptibles de mettre des vies en danger. Cette décision suscite des réactions contrastées au sein de l’opinion. Certains estiment que toutes les églises clandestines devraient être fermées afin de protéger les populations contre les manipulations et les pratiques extrêmes. D’autres rappellent que le Cameroun est un État laïc garantissant la liberté de culte et s’interrogent sur la responsabilité des pouvoirs publics dans le contrôle et l’autorisation des communautés religieuses.
Au Cameroun, les églises de réveil se sont multipliées ces dernières années, souvent sous le régime de la tolérance administrative, parfois en dehors du cadre légal. En 2025, environ 200 églises de ce type avaient déjà été fermées à Yaoundé lors d’une précédente opération de contrôle.
Diane ATEKPO

