Le Sénat béninois entre dans sa phase de fonctionnement ordinaire. Le mercredi 28 octobre 2026, au Dôme du Sofitel Hôtel de Cotonou, Patrice Talon, président de cette nouvelle institution, a officiellement ouvert sa toute première session ordinaire. À cette occasion, il a présenté les principales missions de la chambre haute du Parlement, créée dans le cadre de la révision constitutionnelle de décembre 2025, avec pour objectifs affichés la préservation de la stabilité politique, la protection des libertés fondamentales et la régulation de la vie politique.

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La cérémonie a rassemblé plusieurs personnalités, dont le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, des présidents d’institutions, des membres du gouvernement, des parlementaires, le doyen du corps diplomatique, le préfet du Littoral ainsi que le maire de Cotonou. Devant les 25 sénateurs, Patrice Talon a salué les parcours des membres de cette nouvelle chambre et les a invités à assumer pleinement les responsabilités qui leur sont confiées. Dans son discours inaugural, le président du Sénat a défendu la mise en place d’un cadre institutionnel capable de prévenir les tensions et les rivalités politiques susceptibles de fragiliser le pays. Évoquant différents modèles démocratiques, notamment ceux des États-Unis, de l’Allemagne et de la Suisse, il a souligné que chaque nation organise ses institutions en fonction de ses réalités. Il a ainsi présenté le Sénat béninois comme un instrument de régulation destiné à favoriser la stabilité nécessaire à la conduite des politiques publiques. Patrice Talon a ensuite détaillé les quatre grands axes de compétence de l’institution. Le premier concerne la sauvegarde des libertés fondamentales, de la démocratie, de la cohésion sociale et de la stabilité politique. Dans ce cadre, certaines catégories de lois adoptées par l’Assemblée nationale, notamment celles portant sur la Constitution, la vie politique, les partis politiques et les élections, sont soumises au Sénat avant leur promulgation, selon les modalités prévues par les textes en vigueur.
La deuxième prérogative porte sur l’arbitrage des différends persistants entre le président de la République et l’Assemblée nationale concernant le contenu d’une loi. Le Sénat est alors appelé à intervenir pour contribuer au règlement du désaccord. La chambre haute dispose également d’un pouvoir de demande de seconde lecture de certains textes législatifs. Cette faculté lui permet de transmettre ses observations à l’Assemblée nationale, à l’exception des lois de finances, des lois de règlement et des lois de programme, a précisé Patrice Talon. Enfin, le Sénat aura pour mission de veiller aux mœurs et aux valeurs politiques. À travers cette responsabilité, le président de l’institution entend promouvoir des comportements politiques compatibles avec la stabilité des institutions et la cohésion nationale.
Prévue pour durer 21 jours, cette première session ordinaire doit permettre aux sénateurs d’engager leurs travaux et d’examiner les dossiers inscrits à leur ordre du jour. Son ouverture marque une nouvelle étape dans l’organisation institutionnelle du Bénin, à la suite de la réforme constitutionnelle de 2025. En clôturant son allocution inaugurale, Patrice Talon a exprimé le souhait que cette nouvelle institution contribue à la paix, à la prospérité et à l’efficacité de l’action publique. « Vive le Bénin, la session est ouverte », a-t-il déclaré, donnant ainsi le coup d’envoi des travaux de la première session ordinaire du Sénat béninois.
Diane ATEKPO

