Bénin/JIF 2026

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée en cette année 2026 autour du thème « Droits, justice et action pour toutes les filles et les femmes », une initiative originale a marqué les esprits dans la commune de Zè. Le mardi 10 mars 2026, le Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS) a accueilli le « Procès des normes », une activité de sensibilisation organisée par l’association Jeunes Volontaires pour la Santé (JVS) en collaboration avec la Direction départementale des Affaires sociales et de la Microfinance de l’Atlantique.


Conçu sous forme de procès symbolique et participatif, l’événement visait à questionner et déconstruire certaines normes sociales qui continuent de freiner l’épanouissement des filles. L’objectif de cette initiative est d’encourager l’émergence de règles sociales plus équitables et inclusives au sein des communautés.Pour l’occasion, plusieurs acteurs locaux ont répondu présents. Leaders religieux, responsables communautaires, leaders d’opinion et jeunes femmes de la commune de Zè ont pris part à cette activité éducative, animée en langue locale afin de favoriser une meilleure compréhension et une participation active du public.
Bénin/JIF 2026
La journée a démarré par une présentation du contexte de l’initiative, suivie du mot d’ouverture de la représentante de la Direction départementale des Affaires sociales de l’Atlantique. Les messages clés issus du procès ont ensuite été partagés avec le public avant la remise de lots aux participantes et un échange interactif avec les membres de la communauté. Profitant de l’occasion, la représentante départementale des Affaires sociales de l’Atlantique, Bernice Etchiha, a lancé un appel aux parents et aux communautés afin qu’ils revoient leur manière d’éduquer les filles. Elle a insisté sur la nécessité de favoriser leur autonomie et leur maintien à l’école, des leviers essentiels pour prévenir notamment les grossesses non désirées. Le moment fort de la journée a été la mise en scène d’un procès fictif portant sur trois normes sociales jugées discriminatoires envers les filles. À l’issue des débats et des échanges avec le public, ces normes ont été déclarées coupables. Il s’agit notamment de la norme de la dépendance décisionnelle, qui limite l’autonomie des filles ; de la norme de la valeur sociale, qui porte atteinte à leur reconnaissance dans la société ; et enfin de la norme de la responsabilité orpheline, qui compromet leur accès à l’éducation et au soutien familial.
Bénin/JIF 2026
La particularité de cette initiative réside également dans le rôle central joué par vingt (20) jeunes filles mères de la communauté. Ces dernières ont assuré la mise en scène du procès après avoir bénéficié d’un accompagnement spécifique. Durant plusieurs jours, elles ont suivi des séances de renforcement de capacités portant sur les violences basées sur le genre, les droits des femmes et la prise de parole en public. Trois jours de répétition avec un metteur en scène leur ont ensuite permis de préparer cette représentation pédagogique. Présent à l’événement, Dada Sodabi Lamanonte, roi de Zè Sèdjèhouègoùdo, s’est dit particulièrement impressionné par cette forme innovante de sensibilisation. « Je suis très content de ce que je viens de voir. Ce procès fictif, différent des diverses formes de sensibilisation classiques que nous avons l’habitude de voir, va permettre d’éduquer nos enfants, nos filles et leur rappeler que le pouvoir et le savoir-faire qu’a l’homme, elles l’ont également », a-t-il déclaré. Il est important de noter qu’à travers ce « procès des normes », les organisateurs entendent ouvrir le débat au sein des communautés et encourager une transformation progressive des mentalités, afin d’offrir aux filles les mêmes chances d’épanouissement et de réussite que les garçons.


Diane ATEKPO

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