La suspension des stages hospitaliers décidée il y a quelques jours par l’Association des étudiants en médecine de Cotonou (AEMC) a été officiellement levée. Cette décision fait suite à une séance d’échanges tenue le lundi 16 mars 2026 entre le chef de l’État, Patrice Talon, et les professionnels de santé en formation au Palais de la Marina.
À la suite d’un incident survenu dans un service de gynécologie-obstétrique impliquant des médecins en spécialisation (DES), le chef de l’État a reçu les professionnels de santé en formation au Palais de la Marina. Autour de lui étaient présents plusieurs responsables, notamment le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, le ministre de la Justice, Yvon Détchénou, ainsi que le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji. Les doyens des facultés de santé et les responsables des centres hospitaliers universitaires ont également pris part à cette rencontre, soulignant l’importance accordée à cette crise. À l’origine de ce mouvement, la condamnation, le 11 mars 2026, de deux médecins en spécialisation et d’une gynécologue dans une affaire de décès survenu après une césarienne au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé. Reconnus coupables d’homicide involontaire, les deux médecins ont écopé de 24 mois de prison dont 12 mois fermes, assortis d’amendes et de dommages et intérêts au profit de la famille de la patiente.
En réaction, les étudiants en médecine avaient suspendu leurs stages pour exprimer leur solidarité, mais aussi pour dénoncer l’absence d’un cadre juridique clair définissant leur statut, leurs responsabilités et leurs conditions d’exercice en milieu hospitalier. Une préoccupation largement partagée par les médecins en spécialisation, qui dénoncent une exposition à de lourdes responsabilités sans garanties institutionnelles adaptées. Lors des échanges, le chef de l’État a appelé à l’apaisement et à la reprise des activités, tout en promettant une réflexion approfondie sur le statut des médecins en formation. Une démarche qui semble avoir porté ses fruits, avec la reprise effective des stages hospitaliers, considérés comme essentiels dans le cursus médical.
Notons que cette sortie de crise ouvre la voie à un dialogue attendu entre autorités et acteurs du secteur, autour des réformes nécessaires pour sécuriser la formation et la pratique des futurs médecins au Bénin.
Diane ATEKPO

