Une scène peu ordinaire s’est produite dans le sud-est du pays. Un féticheur a incendié sa propre maison, ses motos, une importante somme d’argent, puis brisé les vitres de son immeuble. Devant les habitants du village de Daagbé-Nago, dans la commune d’Ifangni, le dimanche 26 avril 2026, l’homme s’est ensuite dénudé après son acte.
Aux environs de midi, les villageois ont entendu des coups de marteau inhabituels provenant de la maison du féticheur. Personne n’imaginait que ce vacarme annonçait le début d’une scène d’une rare violence, orchestrée par l’homme lui-même contre ses propres biens. Dans un accès de rage, il a brisé les vitres de son immeuble à étage, au rez-de-chaussée comme à l’étage, avant de mettre le feu à ses biens dans le salon. Il a également incendié ses motos, dont un tricycle, ainsi qu’une importante somme d’argent estimée à environ un million de francs CFA. Ces faits ont été confirmés par le délégué du village, J. Awounou.
Aussitôt, une foule curieuse s’est rassemblée. Le féticheur, nu au sol, s’est exprimé. « Mes enfants ne peuvent pas hériter de moi, ils ne sont pas obéissants… Je vais tout brûler, tout détruire. Et tous mes pouvoirs sont partis… ça ne vaut plus rien… Je n’ai plus de force, je suis détruit, je me suis détruit, je suis égaré… Oooh la vie foutaise de vie. » a-t-il fait savoir Ces paroles ont bouleversé les habitants, qui peinaient à reconnaître en lui le prêtre vodoun redouté, figure spirituelle de premier plan dans la région. Prêtre de plusieurs divinités, dont « Dan », il avait bâti une réputation redoutable dans la pratique des arts endogènes. Dans un état de grande détresse, il a été conduit au Centre National Hospitalier de Psychiatrie de Cotonou, à Jacquot. Mais les soins n’auront pas suffi. Six jours après ce dimanche dramatique, le féticheur a succombé, emportant avec lui le mystère de ce geste autodestructeur d’une rare ampleur. La mort de Yèkoumèdji laisse le village de Daagbé-Nago face à des questions sans réponse.
Patrice Assiongbon SOWANOU

