Kemi Séba

La détention provisoire se poursuit pour l’influenceur et militant panafricaniste Kemi Seba en Afrique du Sud. Arrêté début avril 2026 alors qu’il tentait de quitter clandestinement le territoire sud-africain, il attend toujours une décision de justice concernant sa demande de libération sous caution. Le tribunal régional de Pretoria a reporté cette demande.

Initialement prévue plus tôt, l’audience consacrée à l’examen de la demande de liberté sous caution avait déjà été fixée au 11 mai 2026. Mais, selon les informations issues de la dernière audience tenue ce lundi 11 mai, le tribunal a finalement décidé de repousser le délibéré au 19 mai 2026. Comparu pour la première fois le lundi 20 avril 2026, l’activiste franco-béninois Kemi Seba est poursuivi avec plusieurs personnes, dont son fils âgé de 18 ans, pour des faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Ils auraient eu pour projet de rejoindre l’Europe. Après cette première comparution, son dossier avait été renvoyé au 29 avril 2026 pour continuation.


Une affaire liée à un mandat d’arrêt international


Recherché par les autorités béninoises, Kemi Seba fait désormais face à un mandat d’arrêt international. Le gouvernement béninois demande son extradition vers son pays d’origine. Selon plusieurs médias, cette question n’a pas été évoquée lors de sa deuxième comparution devant les juges sud-africains. L’avocat de la défense, Juan Branco, a indiqué sur sa page Facebook que la demande d’extradition de son client « n’a pas été considérée comme recevable et a été rejetée par la Magistrate’s Court de Pretoria ». Par ailleurs, les enquêteurs poursuivent leurs vérifications, notamment sur le statut migratoire des ressortissants béninois impliqués dans cette affaire, dont Stellio Gilles Robert Capo Chichi, connu sous le nom de Kemi Seba, ainsi que sur leurs adresses en Afrique du Sud. Le mis en cause est accusé par le Bénin d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025 contre Patrice Talon.


Position de la justice béninoise


Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Elonm Mario Metonou, avait déclaré lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi du lundi 20 avril 2026 que la demande d’extradition du Bénin n’avait pas encore été soumise. Il a précisé qu’elle s’inscrivait dans le cadre des conventions multilatérales auxquelles la République du Bénin et la République d’Afrique du Sud sont parties. « Il s’agit d’une procédure essentiellement judiciaire, préparée, transmise et examinée par les autorités judiciaires de l’État requérant et de l’État requis », a-t-il ajouté. Le nouveau report du délibéré en Afrique du Sud prolonge donc l’incertitude autour de la situation judiciaire de l’activiste.


Patrice Assiongbon SOWANOU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *