Dans le cadre de la lutte contre les arnaques en ligne, le gouvernement béninois multiplie les actions de sensibilisation. Le Centre national d’investigations numériques (CNIN) a lancé une campagne dénommée « Un jour, une arnaque à combattre », afin d’expliquer aux populations les techniques les plus courantes et les bons réflexes à adopter pour se protéger. Reçu sur le plateau de Bénin TV, Servan Ahougnon, responsable de la communication du CNIN, est revenu sur les attitudes à adopter face aux cyberarnaqueurs.

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Les escroqueries en ligne prennent de nouvelles formes et continuent de faire des victimes au Bénin. Face à la montée du phénomène et aux nouvelles stratégies utilisées par les cybercriminels, le gouvernement béninois, qui mène une lutte sans relâche contre ce fléau, a adopté une nouvelle approche axée sur la sensibilisation des populations. « Généralement, ce sont des arnaques qu’on a qualifiées dans la catégorie des arnaques via les systèmes d’information. Plus spécifiquement, les plus courantes sont celles qui sont liées aux moyens de paiement en ligne », renseigne Servan Ahougnon, responsable de la communication du CNIN.
À l’en croire, le stratagème développé par certains cybercriminels consiste à appeler leurs victimes et à leur faire croire qu’un transfert d’argent a été effectué par erreur sur leur compte de paiement mobile. Plutôt que de passer par l’opérateur pour vérifier la situation, ces individus demandent simplement à la victime de renvoyer le supposé montant reçu. « La méthode utilisée par ces personnes, c’est de vous envoyer un faux message qui ressemble au message de votre opérateur et qui vous dit que vous avez reçu la somme. Et vous, dans la précipitation, comme vous ne vérifiez pas votre solde, vous leur envoyez la somme qu’elles vous demandent. Une fois que c’est fait, vous remarquez que vous avez moins d’argent que ce qui était prévu. La personne ne vous répond plus, la personne vous bloque », a-t-il précisé.
D’un autre côté, l’arnaque aux faux marchés est également très répandue, selon le responsable de la communication du CNIN. Ce type d’escroquerie repose sur une véritable chaîne de manipulation. Le mode opératoire consiste à contacter une personne et à lui proposer un marché présenté comme particulièrement lucratif. « Il vous dit qu’il y a un grand restaurant ou un grand hôtel qui veut être livré en épices, par exemple. Le fournisseur habituel est en voyage et veut passer par vous. Il vous donne le numéro de celui qui est censé être le fournisseur », a expliqué Servan Ahougnon. Une fois le contact établi avec ce prétendu fournisseur, la chaîne d’escroquerie se met en place. « Des petits frais de dossier, des frais pour les échantillons, à la fin vous n’avez pas de marché. Et vous avez peut-être perdu des millions », a-t-il ajouté. À ces différents types d’arnaques s’ajoutent les tentatives d’extorsion, ainsi que les escroqueries liées à de prétendus accidents. Dans ces cas, les victimes sont contactées par des individus qui leur annoncent qu’un proche aurait été victime d’un accident et leur demandent de l’argent pour prendre en charge ses soins à l’hôpital.
Les pièges à éviter
Le Centre national d’investigations numériques (CNIN) ne cesse d’appeler les populations à une vigilance accrue face aux offres en ligne. Dans son intervention, le responsable de la communication est revenu sur les comportements à adopter pour ne pas tomber dans les pièges des cyberescrocs. « Il ne faut jamais céder à la précipitation. Il faut toujours vérifier », déclare Servan Ahougnon. À travers plusieurs publications sur ses réseaux sociaux, le CNIN sensibilise également sur l’ingénierie sociale, une technique largement utilisée par les arnaqueurs pour manipuler leurs victimes. « Quand quelqu’un vous envoie un message et qu’il vous a fait un transfert, vérifiez votre solde », alerte l’institution.
Toutefois, en cas de transfert effectué par erreur, les opérateurs de téléphonie mobile au Bénin disposent de mécanismes permettant, dans certaines situations, de tenter de récupérer les sommes concernées. Pour les faux marchés, le CNIN recommande de toujours recourir aux plateformes officielles dédiées aux marchés publics. « Dans le cas des marchés privés, vous pouvez tout simplement contacter la personne qui a besoin d’un prestataire pour vérifier », indique le responsable de la communication. Concernant les arnaques liées à de prétendus accidents impliquant un proche, le CNIN invite les populations à prendre le temps de joindre directement la personne concernée ou un autre membre de la famille afin de vérifier l’information avant toute décision. « Le maître mot, c’est de s’informer et de ne pas céder à la précipitation », a insisté Servan Ahougnon. À travers la campagne « Un jour, une arnaque à combattre », le CNIN entend sensibiliser les populations et agir sur la vulnérabilité humaine, souvent exploitée par les cyberescrocs. L’objectif est de mieux outiller les citoyens, des plus jeunes aux plus âgés, face aux différents types d’arnaques auxquels ils peuvent être confrontés.
Blevert AKAKPO

