La crise autour de la gouvernance de la FIFA prend une nouvelle dimension. Alors que la Fédération norvégienne de football (NFF) réclame désormais ouvertement la démission de Gianni Infantino, la Confédération africaine de football (CAF) continue de lui apporter son soutien. L’annonce a été faite vendredi 7 août 2026 lors d’une conférence de presse. Deux positions diamétralement opposées qui illustrent les profondes divisions apparues au sein du football mondial à l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA.
La présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness, a annoncé que son instance allait demander officiellement à Gianni Infantino de quitter ses fonctions. Cette décision intervient après une réunion des instances dirigeantes de la fédération consacrée notamment à la situation du président de la FIFA, candidat à sa réélection en mars 2027. « Nous allons demander au président de la FIFA de démissionner maintenant », a déclaré Lise Klaveness. Selon elle, Gianni Infantino ne disposerait plus de la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger l’instance mondiale dans le contexte actuel. Elle estime également qu’« il n’y a plus de retour en arrière possible » pour le dirigeant italo-suisse.
Une contestation qui s’étend en Europe
Gianni Infantino fait face depuis plusieurs semaines à une contestation croissante, notamment après l’abandon d’un projet visant à ouvrir une partie des droits commerciaux futurs de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Cette initiative a provoqué de vives critiques sur la gouvernance et la transparence de la FIFA. La contestation gagne également plusieurs fédérations européennes. La Finlande, la Serbie, la Suède, le pays de Galles et le Danemark figurent notamment parmi les pays ayant exprimé publiquement leurs réserves à l’égard d’une nouvelle candidature d’Infantino. De son côté, l’UEFA maintient la pression. L’instance européenne a réaffirmé sa menace de boycott de certaines compétitions de la FIFA, signe que les tensions entre les deux organisations restent vives. Lise Klaveness est par ailleurs citée parmi les personnalités susceptibles de jouer un rôle dans la succession d’Infantino. L’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, a même évoqué la possibilité de la voir briguer la présidence de l’instance. La dirigeante norvégienne a toutefois écarté, pour le moment, cette perspective.
La CAF réaffirme son soutien à Infantino
Face à cette fronde, Gianni Infantino peut compter sur un soutien de poids : celui de la Confédération africaine de football. La CAF, qui regroupe 54 associations membres affiliées à la FIFA, a « réaffirmé à l’unanimité son soutien » au président de l’instance mondiale à l’issue de son comité exécutif du jeudi 6 août. La confédération africaine a également accueilli favorablement les excuses présentées par Infantino après les critiques suscitées par son projet controversé. Elle a toutefois rappelé que le respect de la gouvernance, des procédures régulières et de la transparence demeure essentiel. Le soutien africain constitue un atout majeur pour Infantino, puisque le continent représente l’un des principaux bénéficiaires des programmes de développement de la FIFA. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a d’ailleurs salué l’appui apporté par Infantino au développement du football africain au cours de son mandat.
Une élection sous haute tension
À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2027, Gianni Infantino reste pour l’heure sans adversaire officiellement déclaré, malgré la multiplication des critiques à son encontre. Il devra cependant composer avec une contestation de plus en plus visible au sein du football européen, tandis que plusieurs confédérations et fédérations continuent de lui apporter leur soutien. Cette opposition entre la fronde menée par certaines fédérations européennes et le soutien affiché par la CAF illustre l’ampleur de la bataille qui se profile autour de la direction de la FIFA.
Bryan Etewe

