Aurélie Adam-Soulé Zoumarou

Ouf de soulagement dans le milieu médiatique béninois. À peine investi, le président Romuald Wadagni a décidé de rétablir le ministère de la Communication et des Médias, supprimé en mai 2021 sous le régime de son prédécesseur Patrice Talon. L’annonce, faite lors de la formation du premier gouvernement, remet au cœur du débat une réforme qui continue de susciter des lectures contrastées.


Dans ce nouvel exécutif, Aurélie Adam-Soulé Zoumarou prend la tête du ministère de la Communication en charge des médias. Cinq ans plus tôt, sa suppression avait été justifiée par une logique de rationalisation de l’action publique et de réduction des charges administratives. L’exécutif estimait alors que la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) suffisait à assurer la régulation du secteur, tandis que les missions de communication gouvernementale pouvaient être réparties entre plusieurs institutions. Cette approche, présentée comme une « révolution administrative », visait à clarifier la frontière entre information institutionnelle et communication gouvernementale. Le retour du ministère marque aujourd’hui un changement de lecture. Ce qui était considéré comme une redondance devient désormais un outil stratégique.


Soulagement dans la presse, entre satisfaction et attentes professionnelles


Dans les rédactions comme chez les professionnels des médias, la décision est accueillie avec une réelle satisfaction. Le retour d’un ministère dédié à la Communication et aux Médias est perçu comme un signal fort et attendu depuis plusieurs années, marquant la reprise d’un interlocuteur institutionnel clairement identifié au sein de l’exécutif. Les journalistes et responsables de médias saluent cette mesure qui redonne de la visibilité à leur secteur et réaffirme son importance dans l’action publique. Pour beaucoup, cette décision ravive un sentiment de reconnaissance institutionnelle et ouvre la perspective d’un dialogue plus structuré avec les pouvoirs publics.

Ce climat de satisfaction est également partagé par les faîtières professionnelles. Dans un communiqué rendu public le lundi 25 mai 2026 à Cotonou, le Conseil National du Patronat de la Presse et de l’Audiovisuel du Bénin (CNPA-Bénin) et l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) ont exprimé leurs félicitations au président de la République, Romuald Wadagni, saluant une décision qu’ils qualifient de structurante pour l’avenir du secteur.

Les organisations professionnelles estiment que ce choix traduit une reconnaissance du rôle stratégique des médias dans le développement national. Elles y voient également un engagement en faveur du renforcement des entreprises de presse, du pluralisme de l’information et de la consolidation de la démocratie.


Une réponse à un écosystème médiatique transformé


Entre 2021 et 2026, le paysage médiatique a profondément évolué. L’essor des réseaux sociaux, la montée de la désinformation, la généralisation des médias numériques et l’intégration progressive de l’intelligence artificielle ont bouleversé les mécanismes traditionnels de production et de diffusion de l’information. Dans ce contexte, la réintégration du ministère apparaît comme une volonté de doter l’État d’un instrument de coordination plus structuré pour accompagner ces mutations et encadrer un environnement informationnel devenu plus complexe.


Diane ATEKPO

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