Mamadi Doumbouya

La Guinée a officiellement annoncé qu’elle ne rejoindra pas le projet de monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), baptisée « Eco ». Prévue pour être lancée en juillet 2027, cette monnaie ne sera donc pas adoptée par Conakry, qui devient ainsi le premier État de la sous-région à afficher publiquement son refus d’adhérer à cette initiative monétaire. L’information a été rendue publique le jeudi 30 juillet 2026 lors d’une conférence de presse animée par le porte-parole du gouvernement, également ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno.

L’« Eco » ne sera donc pas utilisée en Guinée. Les autorités justifient cette décision par leur volonté de préserver la souveraineté économique du pays et de conserver une pleine maîtrise des principaux instruments de politique monétaire. Selon Conakry, le maintien du franc guinéen permettra à l’État de continuer à contrôler ses taux d’intérêt, son taux de change ainsi que l’ensemble des mécanismes nécessaires à la gestion de son économie. « La République de Guinée reste attachée à sa souveraineté économique pour continuer à décider de son avenir économique à travers le franc guinéen, qui constitue l’élément essentiel d’expression de cette souveraineté et qui est au cœur de sa stratégie de développement économique », a déclaré Faya François Bourouno.

Le gouvernement met également en avant la nécessité de protéger les industries locales. Pour les autorités, conserver la monnaie nationale constitue un levier stratégique pour soutenir la production intérieure, renforcer la compétitivité des entreprises guinéennes et préserver l’économie nationale face aux chocs extérieurs. Par ailleurs, la structure des échanges commerciaux du pays figure parmi les autres arguments avancés. La Guinée souligne qu’environ 80 % de ses exportations sont destinées aux marchés asiatiques plutôt qu’aux pays d’Afrique de l’Ouest. Dans ce contexte, les autorités estiment que l’adoption de la monnaie unique de la CEDEAO offrirait des avantages limités à l’économie nationale. À travers cette position, Conakry confirme donc le maintien du franc guinéen comme monnaie officielle du pays, privilégiant une politique monétaire indépendante au projet d’intégration monétaire régionale. Cette décision intervient alors que les États membres de la CEDEAO poursuivent les discussions sur les modalités de mise en œuvre de l’« Eco », un projet destiné à renforcer l’intégration économique et à faciliter les échanges au sein de l’espace communautaire.


Edwy A.

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