Quelques heures après l’adoption à l’unanimité, ce vendredi 10 juillet 2026, de la loi suspendant provisoirement le cadre juridique de la Commission électorale nationale autonome (Céna), les réactions se multiplient sur la scène politique béninoise. Parmi les premières voix à se prononcer figure celle de Labib Kossoko. Dans une lettre ouverte adressée aux députés de la 10ᵉ législature, le leader politique de l’UPR à Sakété qualifie cette décision de « historique » et formule cinq propositions destinées à repenser durablement l’organisation des élections au Bénin.
Lisez l’intégralité de sa lettre.
Chers députés de la 10e législature ,
Au nom de la conscience citoyenne et de l’intérêt général que nous devons tous chérir, je tiens à vous adresser mes plus vifs remerciements pour la décision historique que vous venez de prendre en supprimant la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). En cette période charnière où le Bénin se tourne résolument vers l’avenir, vous avez fait preuve d’un courage politique remarquable et d’une lucidité administrative exemplaire.
Les bienfaits de cette suppression sont multiples et structurants pour notre pays.
Tout d’abord, cette décision s’inscrit dans une logique de rationalisation des ressources publiques . Après l’organisation des élections groupées de 2026 (municipales, législatives et présidentielle), le calendrier électoral est désormais vide jusqu’en 2033. Maintenir une structure en veille pendant sept années, avec ses membres et son personnel rémunérés, aurait constitué un gaspillage de deniers publics que nous ne pouvions plus tolérer.
Ensuite, cette suppression met fin à une situation institutionnelle ambiguë . Créée en 1995, la CENA avait certes rendu de fiers services à notre démocratie. Mais l’alignement des mandats électifs à sept ans a profondément modifié notre paysage politique. Il serait illogique de conserver une institution qui, par la force des choses, se retrouverait en sommeil prolongé . Vous avez eu le mérite de poser la question qui fâche : faut-il maintenir une structure en veille tout en continuant de la rémunérer ? Votre réponse a été claire et sans compromis.
Enfin, cette réforme ouvre la voie à une modernisation de notre architecture institutionnelle. Vous nous offrez l’opportunité de repenser en profondeur la gestion de nos élections, en l’adaptant aux réalités de notre temps.
S’agissant de l’avenir, je vous fais une proposition claire et visionnaire.
À l’instar de ce que vous avez judicieusement fait pour la fonction de Médiateur de la République , désormais confiée au premier vice-président du Conseil économique et social (CES ), je propose que les missions électorales soient désormais rattachées à une structure unique, légère et permanente.
Le Conseil économique et social (CES), par sa nature consultative et sa composition pluraliste, apparaît comme le réceptacle idéal pour abriter cette fonction. Tout comme le Médiateur de la République sera désormais automatiquement assumé par le premier vice-président du CES, l’organisation des élections futures pourrait être confiée à une commission ad hoc au sein du CES, activée uniquement en période électorale.
Cette approche présente plusieurs avantages :
· Économies budgétaires : fini les frais de fonctionnement permanents pour une institution qui ne travaille qu’une fois tous les sept ans.
· Expertise renouvelée : le CES regroupe des compétences variées (économiques, sociales, juridiques) qui garantissent une approche pluridisciplinaire de la gestion électorale.
· Stabilité institutionnelle : en ancrant la fonction électorale au sein d’une institution existante, on évite les aléas politiques et les dérives clientélistes.
Pour que cette noble institution soit véritablement au service du peuple, je vous propose plusieurs pistes concrètes .
Premièrement : instaurer une transparence totale dans la désignation des membres de la commission électorale ad hoc. Celle-ci devra être composée de magistrats, de représentants de la société civile et d’experts indépendants, désignés par un processus ouvert et consensuel.
Deuxièmement : garantir la participation citoyenne en organisant des consultations publiques avant chaque élection, afin que le peuple puisse s’exprimer sur les modalités pratiques du scrutin.
Troisièmement : mettre en place un mécanisme de contrôle citoyen permettant à tout électeur de saisir la commission en cas d’irrégularité, avec des délais de réponse contraignants.
Quatrièmement : assurer la formation continue des agents électoraux, en s’appuyant sur l’expertise du CES et des universités béninoises, pour garantir des élections toujours plus professionnelles.
Cinquièmement : inscrire dans la loi l’obligation pour la commission de publier un rapport d’activité détaillé dans les trois mois suivant chaque scrutin, accessible à tout citoyen.
Mesdames et Messieurs les députés , en prenant cette décision, vous avez montré que vous êtes à la hauteur des attentes du peuple béninois . Vous avez su regarder au-delà des considérations partisanes pour privilégier l’intérêt supérieur de la Nation .
Je lance aujourd’hui un appel à tous les Béninois : soutenons cette réforme, enrichissons-la de nos contributions et faisons de cette suppression une opportunité pour construire une démocratie plus agile, plus économique et plus proche de ses citoyens.
En tant que leader engagé pour la transparence et la bonne gouvernance, je m’engage à veiller à ce que cette transition se fasse dans la sérénité et le respect des principes démocratiques . Le Bénin a besoin de femmes et d’homme capables de prendre des décisions courageuses.
Vous venez de le prouver. Il nous appartient désormais , à tous ,de faire de cette réforme un succès.
Vive la république du BÉNIN !
Vive démocratie responsable !
Labib kossoko
Leader politique UPR sakété

