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Des manifestations contre le projet de révision de la Constitution ont été organisées mardi 15 septembre 2026 dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo (RDC), à l’appel de la Coalition Article 64 (C64). À Kinshasa comme dans d’autres localités, les rassemblements ont été dispersés par les forces de sécurité, avec notamment l’usage de gaz lacrymogènes, selon des militants et des organisations de défense des droits humains.

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Dans la capitale congolaise, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues, brandissant les drapeaux de différents partis politiques de l’opposition. Les rassemblements auraient commencé dans le calme avant de dégénérer dans certains endroits en affrontements entre manifestants et sympathisants du pouvoir affiliés à la Force du progrès, un mouvement de jeunesse lié au parti au pouvoir. Jean-Marc Kabund, membre de la C64, affirme que des militants de la Force du progrès auraient attaqué des manifestants à coups de machettes et d’autres armes blanches. Selon lui, ces incidents auraient conduit les forces de l’ordre à intervenir pour disperser les rassemblements. Dans le Haut-Katanga, la situation aurait également été tendue. Timothée Mbuya, militant de l’organisation Justicia, fait état d’environ 70 arrestations dans la province. À Lubumbashi, Likasi et Kasumbalesa, des policiers accompagnés de militaires auraient été déployés pour empêcher ou disperser les rassemblements. Joseph Kongolo, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme dans le Haut-Katanga, confirme la présence d’un important dispositif sécuritaire. « Un important dispositif policier a été déployé sur tous les lieux de rassemblement où les manifestants se retrouvaient », a-t-il déclaré à la presse. La police provinciale conteste toutefois certaines informations concernant les arrestations. Blaise Kilimbalimba, son commandant dans le Katanga, a notamment démenti les informations faisant état de l’arrestation de manifestants pacifiques. La mobilisation s’est également étendue à Mbandaka, dans la province de l’Équateur. Des militants affirment qu’une douzaine de personnes y ont été arrêtées et qu’une centaine de manifestants ont été dispersés. Gentil Nsefu, membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), indique qu’un important dispositif policier avait été installé dès les premières heures de la journée dans plusieurs points stratégiques de la ville.

Des rassemblements auraient aussi été dispersés à Kisangani, dans la province de la Tshopo. À ce stade, aucune communication officielle détaillant le nombre d’arrestations ou les éventuels blessés n’avait encore été publiée. À l’origine de cette mobilisation, la C64 dénonce le projet de modification de la Constitution susceptible, selon l’opposition, d’ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi. L’actuel président congolais, élu en 2018 puis réélu en 2023, est au centre des critiques de l’opposition, qui accuse le pouvoir de chercher à prolonger son maintien à la tête du pays. Martin Fayulu, ancien candidat à la présidentielle et l’un des dirigeants de la C64, a annoncé que l’opposition envisageait de saisir la justice internationale au sujet des violences dont ses militants auraient été victimes. Il accuse le président de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà des limites prévues par le cadre constitutionnel. Le débat sur la révision de la Constitution s’est intensifié ces derniers mois. En juin, le Parlement congolais a adopté un projet de loi autorisant l’organisation d’un référendum sur les modifications constitutionnelles proposées.

Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions. Le même mois, au moins deux personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une précédente manifestation contre le projet de révision constitutionnelle, après l’intervention des forces de sécurité pour disperser les protestataires. Alors que l’opposition entend maintenir la pression contre le projet, l’absence, pour l’heure, d’une communication officielle sur les arrestations et les violences signalées laisse en suspens le bilan précis de ces manifestations.


Diane ATEKPO

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