La réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger n’est pas encore à l’ordre du jour. Même si les relations entre les deux pays se sont nettement améliorées ces dernières semaines, le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, estime tout de même que plusieurs étapes restent à franchir avant d’envisager une reprise des échanges à la frontière commune, fermée depuis près de trois ans.
S’exprimant ce samedi 25 juillet 2026 à la télévision publique nigérienne, à l’occasion du troisième anniversaire de son accession au pouvoir, le chef de l’État a reconnu les efforts engagés de part et d’autre pour renouer le dialogue. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de régler au préalable les différends qui ont profondément affecté les relations bilatérales. « Beaucoup d’eau a coulé sous le pont, il y a des traces, il y a des plaies qu’il va falloir panser et correctement soigner avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière », a déclaré Abdourahamane Tiani. Selon lui, les autorités béninoises et nigériennes ont toutes deux manifesté leur disponibilité et leur engagement en faveur d’un rapprochement. Il a néanmoins souligné que des « préalables » demeurent et qu’il appartient aux deux chefs d’État d’y apporter des réponses avant toute décision définitive. Le général Tiani souhaite également que la future réouverture repose sur des bases solides afin qu’elle ne puisse plus être remise en cause. « Aucun président béninois ou nigérien ne doit décider un jour de vouloir la refermer selon ses humeurs », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent quelques semaines après la visite officielle du président béninois, Romuald Wadagni, à Niamey au début du mois de juin. Cette rencontre, la première entre les deux dirigeants depuis l’arrivée au pouvoir du régime militaire nigérien en juillet 2023, a marqué un tournant dans les relations entre les deux pays, longtemps marquées par de fortes tensions. À l’époque, les autorités nigériennes accusaient le Bénin de servir de base à des tentatives de déstabilisation du Niger avec le soutien de la France, des accusations que Cotonou a toujours rejetées. La fermeture de la frontière commune était intervenue dans ce contexte de crise diplomatique. La visite de Romuald Wadagni avait nourri l’espoir d’une normalisation rapide des relations et d’une réouverture prochaine de la frontière, essentielle pour les échanges commerciaux et la libre circulation des personnes entre les deux pays, confrontés par ailleurs à la menace des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Mais Niamey continue de poser des conditions avant toute levée des restrictions. Fin avril, lors d’une rencontre à Cotonou entre le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, et le comité d’experts chargé du dossier, les autorités nigériennes avaient notamment réclamé la signature d’un accord de défense ainsi qu’un accord de sécurité garantissant que le territoire de chaque pays ne puisse être utilisé contre l’autre. En attendant un accord sur ces différents points, la frontière entre le Bénin et le Niger demeure fermée, malgré les signes d’apaisement observés ces derniers mois.
Blevert AKAKPO

