Après plus d’une année de suspension, le procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo a repris le vendredi 26 juin 2026 devant le Tribunal de première instance de Cotonou. Cette audience, très attendue, a été marquée par le témoignage du frère utérin de la victime, les nouvelles requêtes formulées par la défense et de vifs échanges autour d’investigations que plusieurs parties estiment toujours incomplètes.
Le temps n’a pas dissipé les mystères de l’affaire Dangnivo. Plus de quinze ans après la disparition du cadre du ministère des Finances, la reprise du procès remet au premier plan les nombreuses zones d’ombre du dossier. À la barre, Grégoire Dangnivo a réaffirmé que le corps exhumé à Womey en septembre 2010 n’était pas celui de son frère. Évoquant des incohérences relevées lors de l’exhumation et des analyses ADN, il a déclaré continuer à douter des conclusions des expertises. Il a également surpris l’assistance en affirmant ne pas croire à l’implication des principaux accusés, Codjo Alofa et Donatien Amoussou, estimant que les nombreuses contradictions observées depuis le début de l’affaire orientent les soupçons vers d’autres pistes.
Les débats ont également porté sur les investigations ordonnées par le tribunal lors du précédent renvoi du dossier en avril 2025. Le procureur de la République, Tidjani Serpos Olushegun, a expliqué que deux témoins clés, Micheline Houndégla et l’ancien policier Kouagou M’Po, avaient été localisés hors du territoire national, rendant leur comparution impossible. Une justification contestée par les avocats de la partie civile, qui réclament les preuves des diligences effectuées.
Les conseils des différentes parties ont en outre sollicité la comparution de nouveaux témoins, dont l’ancien commissaire central de Cotonou, Philippe Houndegnon, ainsi que des proches de l’ex-ministre Bernadette Agbossou Sohoundji. Selon eux, ces auditions sont indispensables pour faire toute la lumière sur cette affaire vieille de près de seize ans.
À l’issue de l’audience, le tribunal a renvoyé le dossier au 3 juillet 2026. À cette date, le parquet devra produire les justificatifs des recherches entreprises pour retrouver les témoins absents, tandis que la juridiction poursuivra l’examen des demandes formulées par les différentes parties.
Diane ATEKPO


