Le procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo a connu un nouveau rebondissement ce vendredi 3 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance de Cotonou. Appelé à témoigner à la demande de la défense, l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, a livré des déclarations qui ouvrent une nouvelle piste dans cette affaire vieille de près de seize ans.
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À la barre, l’ancien patron de la Police a affirmé qu’un de ses informateurs lui avait désigné Akon Isidore comme l’auteur présumé du meurtre de l’ancien cadre du ministère des Finances, disparu en août 2010.
Une piste fondée sur les confidences d’un informateur
Dans sa déposition, Louis Philippe Houndégnon a expliqué que cette information lui avait été transmise par Bernardin Aguia, un informateur avec lequel il avait déjà collaboré dans le cadre d’autres enquêtes criminelles. Fort de la fiabilité de cette source, il a indiqué avoir orienté les investigations vers un autre individu, Guidime Célestin, avant que les recherches ne soient interrompues. Le témoin a précisé avoir transmis ces éléments à sa hiérarchie, tout en regrettant qu’ils n’aient pas été exploités jusqu’au bout. Selon lui, ces informations n’ont notamment pas été communiquées à l’Office central de répression de la cybercriminalité et de la police judiciaire.
Interrogé sur les circonstances du crime présumé, Louis Philippe Houndégnon a indiqué que son informateur ne lui avait fourni aucun détail supplémentaire à ce stade de l’enquête. « La difficulté que nous avons avec les informateurs professionnels comme Aguia, c’est qu’ils ne disent pas les circonstances avant que le coupable soit aux arrêts », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Des investigations qui auraient été freinées
Face aux questions du ministère public, l’ancien directeur général de la Police a également évoqué le mobile présumé du crime. D’après les renseignements qui lui avaient été communiqués, Pierre Urbain Dangnivo aurait trouvé la mort après avoir opposé une résistance. Louis Philippe Houndégnon a surtout insisté sur les obstacles qui, selon lui, ont empêché les enquêteurs d’approfondir cette piste. Il a affirmé que deux collaborateurs impliqués dans les investigations sont aujourd’hui décédés. Il a également indiqué qu’une troisième personne, toujours en vie, serait en mesure de fournir des informations susceptibles de permettre de retrouver Akon Isidore. Souhaitant préserver la confidentialité de cette identité, il a demandé à la communiquer au tribunal à huis clos.
D’autres témoins entendus
Au cours de la même audience, plusieurs autres témoins ont été auditionnés. Alofa a déclaré avoir connu Akon Isidore en prison, où ce dernier exerçait les fonctions de « cabiniste ». Il a ajouté l’avoir revu par la suite à Womey en compagnie d’un homme identifié sous le prénom de Polo, avant sa propre arrestation. De son côté, Amoussou Donation a affirmé n’avoir entendu parler d’Akon Isidore qu’au moment de l’instruction de cette affaire.
Un dossier toujours au cœur de l’actualité judiciaire
La disparition de Pierre Urbain Dangnivo, ancien cadre du ministère des Finances, demeure l’une des affaires judiciaires les plus marquantes du Bénin. Plus de quinze ans après les faits, le dossier continue de susciter de nombreuses interrogations. Avec le témoignage de Louis Philippe Houndégnon, une nouvelle version des faits s’invite dans les débats judiciaires. Les audiences se poursuivent devant le Tribunal de première instance de Cotonou, où les juges continueront d’examiner les témoignages et les différents éléments du dossier avant de statuer sur les suites de la procédure.

